Evangélisation de rue le 9 décembre à Grenoble: ils l’ont vécue, ils témoignent!

Comme vous l’avez peut-être su, nous sommes allés à la rencontre des grenoblois dans l’après-midi du samedi 9 décembre, autour de l’église St Louis et sur le marché de Noël, rejoignant une mission d’évangélisation organisée par la Communauté de l’Emmanuel (en lien avec la basilique du Sacré Coeur). L’évangélisation de rue pendant l’Avent c’est facile, on a une perche toute prête: Noël qui arrive! On peut lancer des conversations pour savoir comment les gens fêtent Noël, ce qu’ils aiment pendant ce temps de l’année, ce qui est peut-être difficile, et si l’occasion se présente on peut alors témoigner de notre joie de connaître Jésus, Celui qui est venu sur Terre nous révéler que nous sommes tous uniques, connus, et aimés! Et pourquoi pas les inviter à aller à la messe de Noël avec de jolis tracts! :) Parce que l’évangélisation de rue c’est d’abord aller à la rencontre, se mettre à l’écoute de l’Autre, de ce qu’il est, de ses peines, de ses souffrances, et lui témoigner de l’Espérance et la joie qui nous habitent grâce à notre relation avec le Christ!

 

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Plusieurs jeunes sont venus vivre ce moment: des étudiants et jeunes pros de la basilique St Joseph (Isèreanybody? Grenoble), et même un jeune protestant, de l’église anglicane!

Quelques témoignages…

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Le missionnaire - type

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Florentine (de la colocation “Disciples-Missionnaires”, une des colocs Isèreanybody?, accolée à la basilique St Joseph)

Avec Michel et Gabriel, mes colocs, nous rencontrons Martin (*). Nous nous présentons. On sent tout de suite qu’il n’est pas à l’aise et ne compte pas rester discuter très longtemps. Il se présente quand même et annonce qu’il travaille comme bénévole dans un centre pour polyhandicapés. Nous l’écoutons. Je trouve alors ce sur quoi m’appuyer pour engager le dialogue. J’annonce à Martin  que nous avons un truc en commun: cette mission de servir les plus pauvres, puisque je suis en service civique au diocèse pour la Diaconie. La confiance s’installe petit à petit. Il entre dans les détails de sa mission, de la joie qu’il trouve et du bonheur qu’il apporte aux personnes handicapées avec qui il travaille. Je peux donc aller plus en profondeur, en découvrir plus sur lui. Il se lâche et me raconte tout son passé douloureux : qu’il fumait du cannabis, prenait de la drogue, qu’il s’en est en sorti par manque de moyens... Il nous dit qu’aujourd’hui il se rend compte que ce monde est mauvais et que ses amis qui l’ont entrainé sont sur une mauvaise voie. J’ai vu que Dieu est à l’oeuvre dans sa vie mais qu’il ne s’en rend pas compte. Je dis donc à Martin que moi je pense que quelqu’un l’aime, et que ce quelqu'un agit dans le silence mais il ne le connait pas encore. Il me  regarde, il me sourit. Je lui demandes: es-tu croyant? Il répond: “je ne saurais te le dire”. Je lui témoigne alors des moments difficiles et douloureux de ma vie et comment ma foi me sauve. Il écoute attentivement, en silence. Je vois alors une transformation s’opérer en lui. Il me sourit avec une beau sourire et me dit que je lui rappelle Oscar, un ami qui lui parle beaucoup de Dieu. Quand j’ai terminé, il me dit “mais ce Dieu, je lui demande un logement mais il me donne pas!” J’échange alors avec lui en m’appuyant sur des passages bibliques. Nous lui proposons de prier pour lui, pour sa recherche de logement :” Dieu nous dit que là où deux personnes sont réunies en mon nom, je suis au milieu d’eux”. Il accepte, et nous prions. Puis nous nous disons au revoir et nous nous séparons, heureux d’avoir pris ce temps gratuit de rencontre et d’échanges!

Philippe (étudiant en Master Informatique):

Je suis un jeune chrétien très engagé dans mon église (l'église anglicane) et j'ai à cœur de partager Jésus avec mon entourage. J'avais déjà fait de l'évangélisation à de multiples reprises dans le passé mais jamais sur la place publique. Le samedi 9 décembre était pour moi une première, mais étant d'origine protestante c'était une première que j'ai eu la grâce de partager avec la communauté de l’Emmanuel et mes amis d'Isèreanybody qui m'ont invité. Je n'ai pas de problème pour parler de ma foi et de Jésus à des personnes qui sont déjà en chemin vers le Christ, mais je perds tous mes moyens quand je dois entamer une conversation en dehors d'un cadre ecclésial. J'avais enfin une occasion pour me jeter à l'eau et j'allais être accompagné. Il m'a fallu cependant commencer par me tourner vers Dieu et m’abandonner entre ses mains. Je voulais aller dans la rue pour les bonnes raisons et je devais me battre contre mon orgueil de protestant qui veut avant tout évangéliser les catholiques. Pour cela Dieu a commencé par me donner une après-midi de prière et louange contemplative dans Saint-Louis. Une fois que mon cœur était prêt, la communauté de l'Emmanuel est arrivée et tout pouvait commencer. J'ai dit à Dieu que je lui faisais confiance pour le choix de mon binôme et Son choix était parfait. Je me suis retrouvé avec Jacques (*), de la Communauté de l’Emmanuel, et qui venait tout juste de vivre un magnifique moment œcuménique à Londres avec beaucoup de chrétiens d'horizons différents. Ceci est très important pour moi car je sens que Dieu m'attend dans un ministère pour l'unité en Christ des chrétiens. Après avoir fait connaissance, Jacques m'a avoué qu'il avait déjà évangélisé dans la rue plusieurs fois mais qu'à chaque occasion c'était l'entame de la conversation, l'approche, qui était le plus difficile. Je lui ai répondu que le Saint-Esprit nous permettrait de rencontrer les bonnes personnes, et ce fut le cas. Dieu nous a dirigé vers deux jeunes hommes musulmans. S'en est suivie une très longue et riche discussion entre chrétiens et musulmans. J'en ai profité pour voir comment Jacques les interpellait par rapport à ce qu'ils disaient. C'était enrichissant. Ensuite quand les questions devenaient trop ciblées sur ce que dit la Bible sur tel ou tel sujet comme le rôle de l'ange Gabriel et les prophéties de l'ancien testament sur le Christ, c'est là que ma connaissance des Écritures était précieuse. Dieu nous avait rendu complémentaires. Nous avons même pu rentrer tous les quatre dans l'église pour y terminer notre rencontre. Nous y sommes resté tellement longtemps que nous avons presque été mis à la porte. Nous leur avons offert des papiers sur lesquels il y avait des Paroles de la Bible, juste avant de nous quitter. J'ai ensuite prié avec Jacques afin que par cette soirée Dieu puisse planter une graine dans le cœur de nos nouveaux amis et que celle-ci puisse germer et susciter plus de questionnements.

Cette journée s'est terminée au Sacré-cœur de Grenoble pour les vêpres, qui ont été suivies par un partage avec des amis sur la journée. J'ai pu y faire d'autres belles rencontres et faire encore une fois la découverte de ce que tout protestant devrait découvrir: les catholiques sauvés, ça existe !

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Le petit mot de Maïlys, côté organisation:

Avec les autres responsables, on avait fait au mieux dans la préparation: lien avec le Relais de l’église St Louis pour utilisation des locaux, tracts de Noël à distribuer, petite animation musicale en attendant l’arrivée de la Communauté de l’Emmanuel, formation bien construite avec des livrets et tout pour les jeunes missionnaires, pour expliquer ce qui se passe, mettre à l’aise, permettre à chacun de dire ce qu’il a envie de faire, là où il se sent à l’aise: l’accueil, prier, aller dans la rue, tenir le stand photo, etc.

Mais comme dirait LM (jeune de la Communauté de l’Emmanuel et habitué des missions d’évangélisation, qui co-organisait l’action avec nous): “l’évangélisation, ça ne se passe jamais comme on l’a prévu”.

Ce n’est pas nous qui nous envoyons, c’est Jésus qui nous envoie, et c’est son Esprit qui bosse. Nous on est juste des coeurs assoiffés de rencontres, brûlants de l’Amour dont Dieu nous comble et qui est beaucoup trop grand pour nous seuls: comment ne pas le partager avec d’autres? Alors on s’abandonne. Voilà Seigneur, on a fait de notre mieux pour ouvrir les portes de l’église et les portes de nos coeurs, maintenant à Toi la place!

 

La rencontre que je garde dans le coeur, c’est celle d’Antoine (*). Antoine est un jeune de 18 ans qui est arrivé en septembre à Grenoble pour ses études, et qui s’est retrouvé dans l’église cet après-midi là parce qu’il cherchait un coin un peu tranquille pour se poser. Pas spécialement pratiquant, il a une forte spiritualité, mais sur laquelle il ne met pas forcément les noms de “Dieu” ou de “Jésus”. Dans sa famille on fait tourner le pendule et on croit en la réincarnation. Antoine était assis sur un banc de l’église, tranquillement, peut-être un peu étonné de toute cette foule de bonnets rouges (les bonnets de pères Noël utilisés par les missionnaires!). Il l’avait repérée, cette femme qui était dans l’allée et qui le regardait, il savait qu’elle allait venir lui parler. Elle s’est assise à côté de lui. Ils ont discuté. Elle lui a présenté quelqu’un qui pourrait lui présenter d’autres personnes, en lien avec des jeunes. Et c’est comme ça qu’il est arrivé jusqu’à moi. Pris dans le flot de tout ce tas de gens un peu illuminés, Antoine a été emporté par notre vague jusqu’au Sacré Coeur où nous finissions la journée avec un petit vin chaud, suivi d’un temps de prière. Nous l’avons invité à venir avec nous dans la chapelle, il est venu. Nous avons enchainé avec un moment convivial autour de pizzas, et Antoine a accepté de se joindre à nous, en toute simplicité. Et c’est là que, pour moi, nous avons vécu des instants un peu magiques, hors du temps et du quotidien… Nous avons parlé de Dieu, de foi, d’infini. Chacun des jeunes présents a pu raconter les rencontres qu’il avait faites pendant ce temps de mission, ou bien les choses qui l’avaient touché. Il y avait beaucoup à dire! Il y avait beaucoup à écouter!

Puis Antoine nous a demandé: “je peux vous poser une question? Vous êtes pas obligés de répondre hein… Pourquoi vous croyez?” Je pense qu’il est assez rare aujourd’hui qu’un jeune homme de 18 ans puisse entendre dans une même soirée six témoignages personnels très forts sur la foi et sur le Christ, sans être à Paray-le-Monial… ^^ Et nous mêmes nous avons pu en profiter, pour nous découvrir davantage les uns les autres, et découvrir chacune de nos conversions, ce moment où l’on passe de la foi héritée à la foi personnelle, qu’on entre dans une relation forte avec le Christ et qu’on est visités par l’Esprit Saint… Antoine nous a dit qu’il n’avait pas encore lu la Bible, mais qu’il aimerait bien. Nous lui en avons offert une mardi soir, à la veillée de louange à laquelle il est venu :)

 

On ne sait pas quelle va être la suite de sa route et de son cheminement spirituel, mais c’est une joie d’avoir vécu cette rencontre!

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Je ne peux m’empêcher de conclure en citant le Manuel du Nouvel Évangélisateur, qui me semble faire bon écho à ce que nous avons vécu le 9 décembre, catholiques et protestant unis pour annoncer le Christ : « La mission est le signe le plus clair de la maturité de la foi, car elle témoigne d’une conversion radicale de son état d’esprit, tant au niveau des personnes que des communautés. C’est en devenant missionnaire que la communauté chrétienne pourra dépasser ses divisions et ses tensions internes, et retrouver son unité et la vigueur de sa foi.»


 

(*) les prénoms ont été modifiés ;)

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